Touch & Go / 2008
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Indécis, il maintient le doigt au dessus de l'imposant bouton rouge. Quelques perles de front viennent s'abattre sur la gaine de plastique maintenue ouverte par sa main gauche. La salle bave d'excitation tandis que les murs suintent d'angoisse.
Les 7 pages du traité de fin du monde étalées sous ses yeux l'observent d'un air décidé. Sa main droite tremble à n'en plus tenir. Elle se contracte en poing, les ongles mordant la chaire de crispation. Son bras se lève.
Les langues ne savent que dire. Elles se sont répandues sur le monde en tant d'ineptie et d'inutile. Le temps est venu de mettre un terme au cynisme humain. De révéler sa nature profonde. De s'émouvoir devant la plus grande aptitude de l'homme.
La main du président s'abat sur le bouton honni d'un coup sec.aller plus loin
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samedi 30 août 2008
Crystal Antlers :: Crystal Antlers EP
samedi 26 juillet 2008
Idlewild :: The Remote Part
Food / 2002
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"If you have the world in your arms tonight", déverse la sono. Rêve chérit par dessus tous. Rêve des plus grands présidents. Rêve des plus petites gens. "Que feriez-vous avec le monde entre les mains", demande le journaliste au lambda. "Un ballon de baudruche, auquel je donnerai de sacrées embardées", répondait Charlot coiffé du képi rouge et noir.
Accoudé, l'enfant souffle. "Est-ce ça le rêve des hommes", s'indigne-t-il. Que ferait-on du monde, en plus, le calme d'une après-midi d'été ne suffit donc t-elle pas ? La richesse des personnes qui habillent nos jours. Le palmarès des sentiments humains. Toutes les différences. Quoi d'autre ?
Lui, il rêve encore. Il a compris. Le soleil l'emplit de joie. Il danse sous la pluie. Se fascine pour le plus petit détail. Écoute et aime sans réserve. Nous aurons tôt fait de tout lui désapprendre. De le ronger d'envies qui ne sont pas siennes. De l'endiguer dans des problèmes dont il se contrefout.
Mais pour le moment, il rêve. Alors laissons-le à son enfance. Certains n'ont en pas eu. Qu'il en profite, qu'il en abuse, qu'il n'en revienne pas. Pour lors, il vit dans un endroit caché. Un endroit d'où l'on part un jour pour voir le monde des hommes et que l'on ne retrouve plus jamais.
Parce que le chemin est noté sur un carte au trésor, et que les hommes ont oubliés les choses simples.aller plus loin
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Guillemots :: From The Cliffs EP
Naïve / 2006
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Le quai est sourd. Seules les vibrations des rails parviennent encore à mes jambes. Pieds rivés à la bordure jaune, ma tête s'est arrêté.
Le vent ne souffle plus. La terre ne tourne plus. Les bouches s'ouvrent autour de moi, leurs paroles n'ont plus de sens. En ont-elles jamais eu ?
"Le train 16842... à destination de Bordeaux... va entrer en gare... quai 2".
La vie elle même ? Ne reste que cette envie de me jeter sous les rails. De m'éparpiller sur la voie. De communier avec le ballast. Tu es partie. Ton odeur ? D'une main trempée j'attrape ma chemise à la recherche d'une effluve. La dernière. Adieu. Vraiment ? Que reste-t-il de nous. Que reste-t-il de moi.
Et si ton départ n'avait rien changé. Si le passé, aussi rêvé qu'il le fut, existait plus maintenant que nous l'avons vécu alors. Ton départ peut-il vraiment cadrer avec la réalité ? Définitivement, non. Mais notre histoire, elle...
Alors merci. Vas te perdre ailleurs. Dans d'autres bras. D'autres draps. Rien, «Tu m'entends ?», rien n'entachera ces moments là.
"Qui a éteint la lumière si longtemps de ma vie", hurle le poste. Qui a éteint l'ennui de mon cœur pour le remplacer par de la lumière pure.
Lumière du passé, tu es mon guide, ma source. Dans tes scintillements s'écrit ma destiné.aller plus loin
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samedi 14 juin 2008
Vampire Weekend :: Vampire Weekend
Xl Recordings / 2008
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La tribu forme le cercle. Les bidons et autres percussions passent de main en main. La lumière du soir brille à leurs surfaces. L'heure du repos est venue.
Les mains s'activent. Les rythmes se lèvent, dansent, s'affolent. Un orgue de fortune, des cordes d'appoint, et les langues se délient. La journée flotte au dessus du feu. Elle crépite des anecdotes des uns et des autres.
Mais notre tribu ne veille pas au coin d'un bivouac perdu de tout. Non. Elle arpente le Bronx, décent la rivière hudson en ferry, joue au foot dans les rues de la grande pomme et sèche les cours de fac. Quatre gars hissés par un buzz incroyable sortent de leur plaines et viennent rafraichir la pop.
On en danse de plaisir.aller plus loin
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vendredi 13 juin 2008
Okkervil River :: The Stage Names
Jagjaguwar / 2007
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Un air sec sort du vieux jukebox. Il crépite, saute, hésite. Cymbales, tambourins, orgue, violons, la fanfare s'approche. Et après quelques pincements de guitare, la voilà qui prend la salle. La fumée se dissipe, l'ambiance s'échauffe.
Will Sheff sort une main du jukebox, attrape un micro, y annone sa joie de vivre. Avec tendresse. Avec conviction. Avec rage. Le temps d'une accalmie des cuivres, un piano l'accompagne, suivi par un tambourin. Tous échappés des méandres du jukebox.
Un trompettiste se lève alors du fond de la salle et se joint à l'assemblé du mange disque. Et tous reprennent en cœur cette hymne. Une foule commence à se former autour d'eux et à les accompagner de leurs mains.
Pour le passant du coin, la scène devait être atypique. Une troupe assemblée autour d'un jukebox, dont une main sortait avec un micro, un trompettiste, et toutes ces personnes autour. Et en s'approchant un peu, il a pu sentir la chaleur, et finalement les voir tous, là, tourner dans la mécanique leur vielle mélodie.
À la joie de vivre.aller plus loin
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mardi 3 juin 2008
Pavement :: Crooked Rain, Crooked Rain
Matador Records / 1994
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Le vent s'engouffre par les fenêtres et fait claquer t-shirts et chemises. Les kilomètres d'asphalte défilent paresseusement. La chaleur brille sur le capot du pickup. Direction Californie.
Là, le long de la route, défilent infos locales et vielles légendes dans le poste, signé Pavement. Armés de guitares délurées, de rythmiques aventureuses et de dérision pour seule boussole, ils nous emmènent loin des sentiers battus.
Dissonances, rythme brisé, puis repris, puis accéléré, paroles ironiques ; Silence Kid ouvre la route de manière grandiose. S'en suivront d'autres chemins de traverses, montées en régime, accalmies piano bar et ballades dans ces vielles villes de l'ouest.
La tête passée par la fenêtre, Pavement nous emmène loin d'ici, très loin.aller plus loin
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jeudi 22 mai 2008
Sunset Rubdonm :: Random Spirit Lover
Jagjaguwar / 2007
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Après le magistral Funeral d'Arcade Fire, que pouvions-nous décemment attendre de l'indie ? La réponse s'impose d'elle même sur les premières mesures de Random Spirit Lover : une folie fiévreuse et désarticulée.
Spencer Krug en maître de cérémonie, déjà couronné dans son Apologies to the Queen Mary, du combo Wolf Parade, reviens avec des plans remplis de rythmiques affolées, de claviers édentés et d'une voix toujours aussi portée sur les aigus. Et c'est un prodige.
Difficile d'accès, monté en épingle, dérangeant, mais tellement talentueux, foisonnant, insaisissable qu'il serait dommage de se laisser dissuader par les premières écoutes. The Courtesan has Sung est un exemple (parmi beaucoup d'autres) remarquable de ce talent à débuter par une épure, simples rythmiques sèches, puis de l'égayer par un chant dissonant, et encore, et toujours, claviers, tambourins, jusqu'à épuisement. L'oreille grogne d'abord, puis hurle de plaisir (façons de dire).
2004 a eu ses funérailles, 2007 revient en fanfare les célébrer.aller plus loin
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